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DOSSIER CIBLE :
Les vétérinaires  

Les vétérinaires : un métier à plusieurs facettes

En général, l'idée que le public se fait d'un vétérinaire est celle du médecin de ville ou rural qui prodigue des soins aux animaux de compagnie ou d'élevage. Pourtant, le domaine du vétérinaire est beaucoup plus vaste et diversifié. Mais quelle que soit sa spécialité, il est toujours au cœur de la relation entre l'homme et l'animal.

Tarif Media s'est interrogé sur ce métier à différentes facettes et multiples spécificités. Tout d'abord, connaissons-nous vraiment les nombreuses missions du vétérinaire d'aujourd'hui ? Qui sont ces praticiens professionnels à la fois généralistes, chirurgiens ou spécialistes ? Comment soignent-ils nos animaux ?

Dans cet univers, où chacun occupe une place essentielle, nous nous sommes surtout intéressés au rôle des comportementalistes. Qui sont-ils et quand fait-on appel à leur spécialité ?

 

Les différents métiers

INTERVIEW

Laurent Kern, vétérinaire comportementaliste
www.zoopsy.com

Tarif Media : Parlez-nous de votre rôle en tant que vétérinaire comportementaliste.
Laurent Kern : Mon rôle est de détecter le problème de l'animal. Pour cela, j'étudie la pathologie animale et j'examine le corps. Je passe donc du temps sur le comportement désorienté de la bête qui provoque ses troubles. Plusieurs problématiques sont possibles : l'éducation simple de l'animal, l'agressivité, les troubles liés à l'absence des propriétaires, la peur. Également, les pathologies somatiques…
Je m'occupe aussi bien des difficultés des chiens que des chats (malpropreté, dermatologie, trouble de la cohabitation…). Nous nous intéressons également de plus en plus aux chevaux (phénomènes de tics, de peur), aux perroquets ainsi qu'aux espèces dites de rente comme les vaches.

TM : Comment se passe une consultation classique ?
L.K :
Tout d'abord, le propriétaire m'expose le problème ainsi que les symptômes. Je ne vois jamais le maître sans l'animal et inversement ! Puis, je pratique un examen clinique. J'observe la relation qui existe entre l'animal et le maître et son attitude face au monde extérieur. Tout cela dans le but de voir quels sont les troubles de l'animal. Ensuite, je dresse un bilan sur le comportement de l'animal. Je peux maintenant établir un diagnostic. Enfin, je propose un traitement qui passe par une thérapie comportementale parfois associée à des médicaments.
Une consultation dure en moyenne 1h30… Régulièrement, je prends des nouvelles de l'animal par téléphone ou par mail et je revois mon client environ un mois après.

TM : Quelle est la différence entre le vétérinaire comportementaliste et le comportementaliste ?
L.K :
Le vétérinaire comportementaliste s'intéresse à la fois au psychisme et au corps de l'animal. Il agit sur l'animal. Le comportementaliste, lui, se préoccupe uniquement des rapports sociaux, des rapports de communication entre le propriétaire et l'animal. Il agit sur la personne.

TM : Quelle formation avez-vous suivi ?
L.K :
La formation de vétérinaire comportementaliste est réservée au titulaire du diplôme de vétérinaire (6 ans d'études). J'ai donc fait une formation complémentaire de 2 ans pour être spécialisé. Pendant ces années, j'ai reçu une formation théorique, pratique avec des cas cliniques et un mémoire.

Plus de 16 000 vétérinaires exercent aujourd'hui en France*, toutes spécialités confondues. Les trois quarts environ de ces praticiens ont une activité libérale urbaine, mixte ou rurale. Un petit nombre exerce comme salarié dans l'agriculture, et de plus en plus de jeunes, dans les industries pharmaceutiques ou d'alimentation animale. D'autres encore se dirigent vers la recherche en biologie et pathologie comparée ou l'enseignement. Quelques-uns deviennent vétérinaires sapeurs-pompiers et interviennent dès qu'un animal met en danger la vie d'un humain.

Le vétérinaire est avant tout le médecin de tous les animaux et a pour mission de soigner les bêtes malades. Mais, il a aussi un rôle préventif. En fait, ce praticien est responsable de l'amélioration de l'état de santé, de la guérison, de la réadaptation de l'animal.

C'est aussi un professionnel des productions animales, partenaire incontournable des milieux de l'élevage. Il assure le contrôle de l'hygiène de la sécurité des denrées alimentaires destinées à l'homme et de l'hygiène même des bêtes en proposant des soins.

*estimations de décembre 2004 de l'école nationale vétérinaire d'Alfort

Les études vétérinaires

Les écoles vétérinaires (Maison-Alfort, Lyon, Nantes et Toulouse) sont des établissements d'enseignement supérieur et de recherche placés sous la tutelle du Ministère de l'agriculture, de l'alimentation, de la pêche et des affaires rurales. L'école de Toulouse est aussi un centre hospitalo-universitaire vétérinaire ouvert au public.

Durée des études : 2 ans de prépa puis de 6 ans à 9 ans.

La formation est structurée en 3 ou 4 étapes :
1 - L'accès aux écoles vétérinaires (préparation aux concours : 2 ans) ;
2 - la formation de base (3 ans),
3 - le choix d'une filière à approfondir (1 an),
4 - et, la spécialisation (facultative : 3 ans).

Pour plus d'informations : www.vet-nantes.fr

 

Les soins

Exemple des prix de consultation en clinique :

- Consultation générale : 45 €
- Consultation spécialisée : 75 €
- Consultation de nuit : 60 € après 20h et 70 € après minuit

Certains des actes du vétérinaire urbain consistent à vacciner les animaux de compagnie, à gérer les problèmes de peau, de reins, de foie, à faire des analyses…

Mais le rôle de ce praticien, loin de se limiter à un examen clinique attentif du patient et aux examens complémentaires possibles, englobe aussi le conseil aux propriétaires. Thierry Benalloul, vétérinaire généraliste à Paris, nous donne son point de vue :

- "Il est évident que nous avons aussi un rôle d'enseignant, de pédagogue pour aider au mieux nos clients à comprendre ce qui se passe, quels sont les problèmes et les soins à donner. Il y a un rapport étroit entre nous et nos clients".

Bien sûr, le rôle du praticien ne s'arrête pas là. Il réalise aussi des actes de convenance comme la stérilisation, la castration ou le tatouage… Des actes de chirurgie simples. Sans oublier l'euthanasie qui dans certains cas de maladie ou de vieillesse assure une fin de vie moins difficile. Cette "mise à mort" est autorisée mais fortement contrôlée pour éviter les débordements.

Mesures contre la rage en Aquitaine

Lors de l'apparition d'un cas de rage, des mesures sanitaires sont appliquées immédiatement. Les animaux peuvent circuler librement et quitter la région à condition d'être placés sous la surveillance de leur maître et d'être identifiés (tatouage ou micropuce implantée sous la peau) et vaccinés contre la rage (vaccin antirabique en cours de validité). "Les chiens non identifiés ou non valablement vaccinés contre la rage doivent être tenus à l'attache ou enfermés et ne peuvent en aucun cas sortir de la zone qui correspond aux trois départements." ( Lot-et-Garonne, Gironde et Dordogne)

De même, seuls les chiens identifiés et vaccinés peuvent éviter l'euthanasie s'ils ont été en contact d'un animal enragé (arrêté de la direction générale de l'alimentation du 3 septembre 2004 visant les départements du Lot-et-Garonne, de la Gironde et de la Dordogne).

L'identifiaction

L'identification est la première étape de la traçabilité de l'état sanitaire de l'animal et la certification antirabique n'a de sens que s'il y a concordance entre le matricule, lisible directement sur l'animal ou par un lecteur de puce, et celui sur le certificat. Il est donc du devoir du vétérinaire d'expliquer aux propriétaires des animaux pourquoi il faut les identifier avant la vaccination antirabique.

L'identification est obligatoire avant toute cession de chien ou de chat et pour tous les chiens âgés de plus de quatre mois, nés après le 6 janvier 1999.

Un exemple classique d'euthanasie concerne l'apparition d'un cas de rage. Les animaux non vaccinés qui auraient été en contact avec l'animal contaminé pourraient être mis à mort pour éviter la propagation de la maladie. Le dispositif réglementaire au regard de la rage a été renforcé en 2004, en Aquitaine, lors d'un cas de rage chez un chien importé du Maroc (voir l'encadré ci-contre).

Pour certains maîtres peu scrupuleux, le recours à l'euthanasie pourrait être motivé par les soins onéreux que requiert un animal malade. Le sort de celui-ci dépendrait donc de plusieurs facteurs comme la situation pécuniaire du propriétaire, son degré de culpabilité, son code moral, éthique et religieux, ou le degré de dépendance émotive et de satisfaction (aux États-Unis, selon des estimations récentes, 3,9 millions de chiens et de chats sont euthanasiés en clinique chaque année).

Encore très récemment, le vétérinaire pouvait aussi pratiquer la coupe des oreilles et de la queue, la section des cordes vocales, l'ablation des griffes et des dents… Ces opérations, demandées le plus souvent pour cadrer avec un standard déterminé par les clubs de races, pouvaient engendrer des répercussions physiques ou physiologiques sur le comportement des animaux. Depuis janvier 2006, ces actes sont officiellement interdits en France. Si cette réglementation n'est pas respectée, des sanctions et des poursuites peuvent être engagées contre le praticien pour opération illicite.

Rappelons que la Suisse, où la coupe des oreilles est interdite depuis 1981 et la coupe de la queue depuis 1997, a été le pays précurseur du mouvement "anti-coupe" qui touche actuellement la plupart des pays de l'Europe du Nord.

Dans tous les cas, le vétérinaire est le conseiller et le partenaire de ses clients. Il possède une formation qui lui permet d'apprécier avec objectivité les besoins des animaux et de veiller à leur bien-être. Cette formation lui permet en outre d'avoir un regard critique sur les formes de détention ou les contraintes qu'ont à subir les animaux.

Les vétérinaires spécialistes prennent en charge les interventions chirurgicales plus lourdes. On retrouve ici les mêmes spécialités que pour la santé humaine : la stomatologie, l'ophtalmologie, la dermatologie, la neurologie, la chirurgie…

 

Un traitement adapté

Une fois le diagnostic posé, le vétérinaire envisage les possibilités thérapeutiques. Elles seront discutées avec le propriétaire de l'animal afin de déterminer la solution qui lui convient, tant du point de vue du coût que des chances de guérison.

La responsabilité du vétérinaire dans le choix, le dosage et l'application des médicaments est donc très importante. Il est le responsable de la bonne utilisation des médicaments. "Nous sommes bien sûr prescripteurs mais aussi délivreurs. Je fais mes ordonnances et je vends la plupart des médicaments. Ce qui est un avantage car nous pouvons expliquer ce qu'il y a dans le médicament ainsi que son utilité et son dosage… ", précise Thierry Benalloul.

En effet, ce n'est que sur la base d'un bilan exact et en connaissant toutes les particularités du patient qu'il lui sera possible de prescrire le traitement optimal. Une formation intensive en pathologie animale et en pharmacologie vétérinaire est donc indispensable pour éviter des accidents aux conséquences parfois graves : c'est-à-dire, les erreurs de jugement entraînant le choix d'un médicament inadapté, le dosage incorrect mettant en danger la vie de l'animal ou, au contraire, rendant le traitement inefficace et enfin, la réaction d'intolérance face à des produits de médecine humaine ou à l'association de plusieurs médicaments.

Le vétérinaire est donc bien plus qu'un médecin, il est aussi pharmacien et conseiller. "Je dois évidemment instaurer une relation de confiance entre moi et mon client qui me confie la vie de son animal. Je suis là pour guider les propriétaires dans leurs choix", ajoute Thierry Benalloul.

 

Des prestations complémentaires

En plus des consultations et des interventions chirurgicales, les vétérinaires complètent leur chiffre d'affaires avec la vente de divers produits de consommation et d'alimentation, comme des croquettes à but thérapeutique pour les problèmes de santé : poil, dents, diabète… D'autres cabinets, proposent des shampoings traitants, des insecticides, des accessoires pour l'hygiène, des colliers, des laisses… "Les produits alimentaires et les médicaments représentent une part importante de notre chiffre d'affaires. Nous avons donc une activité de service en priorité mais aussi une activité à caractère commercial", confie Thierry Benalloul. Des cliniques offrent également des services de toilettage et de pension…

Il est clair que les vétérinaires généralistes et spécialistes ne sont pas les seuls à s'occuper des animaux. Depuis l'an 2000, le comportementaliste est de plus en plus sollicité. Ce professionnel intervient uniquement dans l'environnement de l'animal.

 

Le comportementaliste

La psychanalyse se base sur la communication orale mais évidemment, aucun chien, chat ou cheval ne peut se livrer à ce type d'exercice. Aux États-Unis, des psychanalyses pour animaux existent. Mais, en Europe, de telles pratiques ne sont pas prises au sérieux. Les vétérinaires européens sont passés d'un comportement répressif, comme l'utilisation des colliers à chocs électriques qui sont de plus en plus interdits, à une approche comportementaliste.

Consultation du comportementaliste :

Pour un premier rendez-vous qui dure 1h-1h30, le comportementaliste dresse un bilan afin de cerner les difficultés des propriétaires et évaluer le travail. Coût : 40 €.

Les consultations suivantes durent environ 2h-2h30 suivant la problématique de base. Proposée en forfait, la séance revient à 75 €.

Qu'est-ce qu'un comportementaliste ? Danièle Mirat, comportementaliste spécialiste des relations entre l'homme et le chien, répond à cette question :

- " Lorsqu'un maître vient consulter pour un problème d'autorité, de relation conflictuelle, de nuisances, de morsures… le clinicien cherche à comprendre la nature du, ou des comportements de l'animal, à l'origine de ces nuisances. Puis, à analyser les mécanismes biologiques et les motivations qui peuvent conduire l'animal a un tel comportement. Il cherche également à déterminer les éléments de la relation avec le maître et l'ensemble de l'environnement habituel de l'animal… Le comportementaliste se livre donc à une "psychanalyse sauvage" de son client. Il tente de faire comprendre au propriétaire, le monde animal, ses motivations et son fonctionnement. Il étudie les attitudes de la bête pour comprendre comment lui faire changer de comportement. "

Tout d'abord, le comportementaliste agit sur les personnes, contrairement au vétérinaire généraliste qui agit sur l'animal en traitant les diverses pathologies. Un comportementaliste est en général consulté 2 à 4 fois pour un même cas.

Les propriétaires des animaux le sollicitent lorsque le comportement social canidé de marquage propre à l'espèce de l'animal est désorienté, inadapté. Ses émotions, ses intentions, sa situation et son statut sont remis en cause. Par exemple, l'animal ne sachant plus où est sa place, effectue un marquage à l'urine de son territoire dans le foyer afin de laisser une trace de son passage, en quelque sorte, sa carte de visite. Ici, le comportementaliste parle de communication sociale endommagée.

Lors d'une consultation à domicile, le praticien va évaluer la situation et propose aux propriétaires de réorganiser leurs comportements au quotidien avec l'animal. Tout le travail est fait par le maître en tenant compte des conseils du spécialiste. Il doit apprendre à être respecté, à être le leader du groupe. Il doit avant tout comprendre ce que vit l'animal. La place du chien sera dès lors déterminée dans la hiérarchie de la famille.

Après quelques séances d'analyses et d'explications comportementales, chaque membre de la famille retrouve son rôle et les conflits relationnels disparaissent. Tout rentre dans l'ordre.

Par son rôle de médiateur, le comportementaliste commence à trouver sa place auprès des vétérinaires. Cette profession apparaît comme un réel besoin pour les bêtes et leur bien-être. Par leurs spécificités différentes, il est possible de dire que ces deux métiers se complètent largement. Les uns traitent les blessures corporelles et les autres les troubles mentaux, mais tous ont un rôle à jouer.

Emmanuelle Kalfon

Sites à consulter :
- Le site de l'Ordre des vétérinaires : www.veterinaire.fr
- AVSF (Association de Vétérinaires Sans Frontières) : www.avsf.org
- VetoEnLigne (le portrait des vétérinaires francophone) : www.vetoenligne.com
- Association des vétérinaires acuponcteurs de France-ostéophathie pour la présentation des traitements vétérinaires : www.acu-veto-osteo.org

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