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La télévision sur mobile en quête d'un modèle économique Mais qui va payer la télévision sur mobile ? A deux mois de l'ouverture par le CSA de l'appel d'offres pour obtenir des licences, opérateurs et diffuseurs sont plus que jamais partagés.
Plusieurs mois de retard. Si tout va bien, fin octobre, le CSA devrait lancer un appel d’offre pour désigner la quinzaine de chaînes qui pourront émettre sur la Télévision Mobile personnelle (TMP). Cette procédure était sensée aboutir avant la Coupe du monde de rugby qui commence le 7 septembre… Désormais elle est attendue, au mieux pour le printemps 2008, c’est-à-dire pour la coupe d’Europe de football. Ce retard de plusieurs mois est dû au désaccord entre opérateurs et diffuseurs, qui n’arrivent pas à s’accorder sur le modèle économique de la TMP. Alors que la norme DVB-H a été choisie par le Gouvernement avec le soutien des professionnels [voir encadré], sur le modèle économique le désaccord est profond. Même au cœur de la maison Bouygues : TF1 et Bouygues Telecom affichent des positions opposées! D’un côté les télécoms défendent un modèle payant, de l’autre ceux qui préconisent un modèle gratuit. Les opérateurs veulent faire payer aux particuliers un « forfait » compris entre 5 et 10 euros par mois pour accéder au service. Ce surplus leur permettrait de rembourser leurs investissements. De l’autre les télévisions qui, inspirées par le succès de la TNT, souhaitent un accès gratuit à la TMP moyennant l’achat d’un appareil équipé TV. Ce modèle-là permettrait un succès plus rapide de la TV sur mobile et garantirait l’attractivité du média pour les annonceurs. « Ce sont les chaînes qui doivent financer le réseau », affirme clairement Bertrand Meheut, le P.-D.G. de Canal+. A coups d’études télévisions et opérateurs s’affrontent. Les principales critiques du modèle gratuit viennent des incertitudes relatives au marché publicitaire. Celui-ci serait-il suffisant pour financer la TMP ? La réponse est unanimement non, du moins dans un premier temps. « Il est peu probable qu'à court terme émergent des annonceurs spécifiques à la TMP », affirmait récemment un membre de la régie de Lagardère aux Echos. Pour cela la TMP va devoir s'imposer afin de recueillir une audience minimale, comme ce fut le cas avec la TNT. Les observateurs du marché estiment qu'il faudra quatre et cinq ans pour que l'audience devienne suffisante. Le chiffre d'affaires publicitaire pourrait atteindre entre 40 et 120 millions d'euros par an. Des sommes qui devraient permettre de rembourser les coûts de diffusion. En attendant, pendant les 4 ans de développement de la TNT, les chaînes veulent investir, seules, pour ensuite gagner, seules. Les opérateurs télécoms ne veulent pas leur laisser le monopole de l'investissement.
Le CSA continue de multiplier les consultations pour tenter de sortir de l’impasse. Pour l’instant, en vain. Les Sages vont devoir trancher. Et, en attendant, la mise en place de la télévision sur mobile est retardée, encore. Benoît Daragon |
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