| Les médias en Allemagne, en Hongrie et en Turquie
A l'occasion des choix de Essen, Pécs, et Istanbul comme capitales européennes de la culture 2010, gros plan sur les paysages médiatiques d'Allemagne, de Hongrie et de Turquie.
Allemagne
Portrait : (Statistische Ämter 2009)
- Capitale : Berlin
- Habitants : 82 002 356 hab.
- Monnaie : euro
- Superficie : 357 114 km²
- Régions : 9 Bundesländer soit
- Baden-Wûttermberg : 10 749 506 hab. Soit 13,1 % pop.
- Bayern : 12 519 728 hab. Soit 15,3 % pop.
- Berlin : 3 431 675 hab. Soit 4,2 % pop.
- Brandenburg : 2 522 493 hab. Soit 3,1 % pop.
- Bremen : 661 866 hab. Soit 0,8 % pop.
- Hamburg : 1 772 100 hab. Soit 2,2 % pop.
- Hessen : 6 064 953 hab. Soit 7,3 % pop.
- Mecklenburg-Vorpommern : 1 664 356 hab. Soit 2,0 % pop.
- Niedersachsen : 7 947 244 hab. Soit 9,7 % pop.
- Nordrhein-Wesfalen : 17 933 064 hab. Soit 21,9 % pop.
- Rheinland-Pfalz : 4 028 351 hab. Soit 4,9 % pop.
- Saarland : 1 030 324 hab. Soit 1,3 % pop.
- Sachsen : 4 192 801 hab. Soit 5,1 % pop.
- Sachsen-Anhalt : 2 381 872 hab. Soit 2,9 % pop.
- Schleswig-Holstein : 2 834 260 hab. Soit 3,5 % pop.
- Thüringen : 2 267 763 hab. Soit 2,7 % pop.
Structure de la population :
- Hommes : 49,00 %
- Femmes : 51,00 %
Structure par âge :
- - 15 ans : 13,8 %
- 15-25 ans : 11,7 %
- 25-45 ans : 28,4 %
- 45-65 ans : 26,3 %
- + 65 ans : 19,8 %
Structure par emploi :
- Actifs : 53,00 %
- dont Professions libérales : 5,4 %
- Agriculture, forêt et pêche : 2,2 %
- Industrie de production : 24,9 %
- Services : 72,9 %
- Chômage : 8,2 %
Lignes de téléphone : 150,3 millions (environ 2009)
Téléphones portables : 81 millions (en 2006)
Postes de radio : 70,8 millions (en 2009)
Postes de télévision : 78,4 millions (en 2009)
Utilisateurs d'Internet : 52 millions (en 2008)
Les médias en Allemagne
1 - La presse
L'Allemagne dispose d'une presse écrite riche et variée, et ça n'est pas peu dire ! On compte en effet 359 journaux quotidiens et 28 non-quotidiens, près de 10 000 magazines dont 3450 titres spécialisés. Le paysage de la presse est marqué par une forte concentration, avec cinq groupes éditant les titres les plus lus : Axel Springer (170 titres), Burda (74 titres), Grüner + Jahr (50 titres), Bauer (31 titres) et WAZ (19 titres), tous issus de l'ex RFA.
Les journaux représentent quelques 25,3 millions d'exemplaires vendus chaque jour, pour 46 millions de lecteurs réguliers. L'Allemagne se distinguant par une énorme domination de la presse régionale : sur les 387 journaux édités, 336 sont des titres régionaux. Parmi eux, les plus importants sont le Süddeutsche Zeitung (Munich, diffusion de 425 994 exemplaires IVW, janvier 2009 en semaine et 535 200 exemplaires IVW, janvier 2009 le samedi), le Frankfurter Allgemeine Zeitung (Francfort, diffusion de 395 303 exemplaires IVW, 2e trimestre 2009), le Welt (Berlin, diffusion de 280 740 exemplaires IVW 2e trimestre 2009), le Frankfurter Rundschau (Francfort, diffusion de 150 000 exemplaires) et le Tageszeitung (Berlin, diffusion de 56 000 exemplaires). Le Bild est, quant à lui, le quotidien national le plus populaire, avec une diffusion de 3 243 578 d'exemplaires (IVW, 2e trimestre 2009) ; mais il reste un journal sensationnaliste et populiste face aux cinq titres précédents, beaucoup plus politiques. Si le financement de la presse quotidienne est menacé (moins de jeunes lecteurs, baisse du volume publicitaire), le taux d'audience des quotidiens affiche encore une belle santé avec 71,4 %. Les Allemands passent 30 minutes chaque jour à lire un quotidien.
Côté magazines, les généralistes Spiegel, Stern, Bunte et Focus dominent le marché avec respectivement 1 040 860 (IVW, 2e trimestre 2009), 973 730 (IVW, 2e trimestre 2009), 659 299 (IVW, 2e trimestre 2009) et 656 776 (IVW, 2e trimestre 2009) exemplaires diffusés. Comme en France, les titres TV, féminins, santé... affichent également de belles performances. On note sur le marché outre-Rhin un très grand nombre de titres de niche. Globalement, le média magazine affiche un taux d'audience de 93,5 %, ce qui en fait un secteur clé de la communication en Allemagne. Les Allemands passent 30 minutes chaque jour à lire un magazine.
Côté titres gratuits, enfin, l'Allemagne fait exception en Europe : les éditeurs de titres payants, solides, ont anticipé leur arrivée en sortant leurs propres gratuits ou des éditions très peu chères. Du coup, les emblématiques 20 Minutes et Metro ont échoué à s'installer seuls outre-Rhin, et les derniers projets sont issus d'alliances entre des groupes de presse payante et des acteurs du gratuit.
Comme en France, diffusion et audience sont contrôlés par différents organismes indépendants (Verband Deutscher Zeitschriftenverleger, Bundesverband Deutscher Zeitungsverleger e.V.,...) qui assurent la transparence du marché.
2 - La télévision
La télévision est apparue en Allemagne dans les années 1950. Comme en France, elle a d'abord été une affaire publique avant son ouverture à la concurrence à la fin des années 80. On compte aujourd'hui, dans le domaine public, deux chaînes nationales, huit régionales, quinze chaînes câble/satellite, et trois chaînes internationales. La première télévision nationale est ARD, qui se subdivise en neuf déclinaisons régionales (une par länder) et un « programme commun », Das Erste, qui touche 35 millions de foyers. La seconde chaîne nationale, ZDF, ne possède en revanche aucune déclinaison régionale. L'offre publique est complétée par Phoenix, chaîne de documentation ; Kika, chaîne pour enfant ; Deutsche Welle, chaîne allemande destinée à l'étranger ; par la franco-allemande Arte ou encore la suisso-allémano-autrichienne 3sat. La télévision publique est financée en grande partie par la redevance, même si la publicité y est autorisée du lundi au samedi, de 17h à 20h.
Côté privé, on compte une chaîne hertzienne nationale, deux régionales, et quelques 114 chaînes câble/satellite, sans compter bien sûr les programmes étrangers accessibles depuis le territoire allemand. RTL Deutschland (filiale de Bertalesmann), ProsiebenSat. 1 et Sky Deutschland (chaînes cryptées) se partage le plus gros du secteur privé. Le premier exploite, entre autre, RTL, RTL II et Vox. Le second supervise ProSieben, Kabel Eins ou encore SAT. 1 ; tandis que Sky Deutschland se décline en plusieurs chaîne éponymes.
ARD et ZDF représentent ensemble quelques 7,08 milliards d'euros de redevance (2008) et 500 millions d'euros de recettes publicitaires (chaînes radio de ARD comprises). Le marché publicitaire privé, quant à lui, représentait 4,9 milliards d'euros de recettes en 2006. En terme d'audience, ARD rassemble 14 % de parts de marché ; ZDF, 14 % également ; RTL arrive ensuite avec 13 % ; puis SAT. 1 avec 7 % ; ProSiebenSat. 1 avec 7 % ; Vox avec 6 %, RTL II avec 4 %, Kabel Eins avec 4 % ; Kika, OSR, 3sat et Eurosportavec 1 % chacune. Les Allemands passent, en moyenne, deux heures et trente minutes quotidiennes devant leur poste.
L'Allemagne dispose bien sûr d'un équivalent du CSA, le LPR ; ainsi que d'un organisme de mesure d'audiences, AGF.
3 - La radio
La radio est née, en Allemagne, dans les années 1920. Elle a, comme la télévision, été d'abord publique avant de s'ouvrir à la concurrence fin 80. On compte aujourd'hui 460 stations radiophoniques, dont 75 sont publiques, et dont la majeure partie sont des chaînes régionales ou locales. Les stations privées ont été créées essentiellement par les éditeurs de presse qui cherchaient à se diversifier et à maîtriser les investissements publicitaires régionaux et locaux. La quasi absence de stations nationales s'explique par la particularité fédérale : les länder sont souverains en matière de culture, et donc d'audiovisuel. Les allemands passent, en moyenne, deux heures quotidiennes à l'écoute de la radio.
Les principales radios allemandes :
- la Deutsche Welle, équivalent de RFI ;
- Deutschlanfunk, équivalent de Radio France ;
- RTL Radio ;
- Energy Deutschland, chaîne de NRJ Group déclinée régionalement.
4 - Internet
69 % des ménages allemands ont accès au web, et 14 millions des foyers disposent d'une connexion large bande type ADSL. Accusant, dans un premier temps, un léger retard dans l'utilisation du media Internet, les Allemands se sont vites rattrapés : de 13 minutes de navigation quotidienne en 2004, ils sont passés, aujourd'hui, à 120 minutes !
40,3 % des Allemands estiment qu'Internet est une source d'information indispensable : 55 % des plus de 18 ans l'utilisent pour obtenir plus de détail sur tel ou tel sujet, pourcentage qui monte à 81 % lorsque l'on s'intéresse aux 20-29 ans. Internet est donc le média qui monte, particulièrement auprès des jeunes qui y trouvent une source d'information selon eux plus fiable.
Sur les 2000 à 2500 sites allemands faisant référence sur le marché, 400 sont des émanations des médias traditionnels. Parmi eux, les déclinaisons web de Bild (www.bild.de) ou du Spiegel (www.derspiegel.de) sont les plus fréquentés, avec, par exemple, 660 millions de pages vues pour ce dernier en septembre 2009. Autres médias en ligne d'importance : FAZ.net (déclinaison du Frankfuter Allgemaine Zeitung), suddeutsche.de (déclinaison du Süddeutsche Zeitung), zeit.de (déclinaison de Die Zeit), derwesten.de (portail des quotidiens régionaux du groupe WAZ).
A noter également le grand succès des blogs, et notamment, selon le Deutsche Blogcharts, des trois principaux : basicthinking.de, spreeblick.com et bildblog.de.
Un bémol : comme partout dans le monde, les médias en ligne allemands peinent à tirer de véritables revenus de leurs activités web. On pense donc, là-bas comme ailleurs, à passer à un modèle payant. Mais celui-ci n'est pas plébiscité : seuls 16 % des Allemands (source : Forsa) semblent prêts à payer pour s'informer sur le web ; et 93 % de ces derniers ne paieraient pas plus de 10 cents par article.
Fréquence d'utilisation et usages d'Internet en Allemagne (1er trimestre 2006) :
Hongrie
Portrait : (source : CIA World Factbook)
- Capitale : Budapest
- Habitants : 10 086 000 hab.
- Monnaie : forint (0,0037 euros)
- Superficie : 93 030 km²
Structure de la population :
- Hommes : 48,00 %
- Femmes : 52,00 %
Structure par âge :
- - 15 ans : 15 %
- 15-64 ans : 69,3 %
- + 65 ans : 15,7 %
Structure par emploi :
- Agriculture : 2,9 %
- Industrie : 36,9 %
- Services : 60,2 %
- Actifs : 41,7 %
- Chômage : 7,8 %
Lignes de téléphone : 3,094 millions
Téléphones portables : 12,224 millions
Postes de télévision : 14,927 millions
Ordinateurs : 5,345 millions
Utilisateurs d'Internet : 5,873 millions
Les médias en Hongrie
1 - La presse
Ex pays communiste, la Hongrie ne connaît la liberté de la presse que depuis la chute du Mur en 1989, et cela se voit : seuls 4 % des Hongrois lisent régulièrement la presse quotidienne d'information ! En tout, la Hongrie compte 10 quotidiens nationaux et 24 locaux, quasiment tous propriétés de groupes étrangers - avec notamment une forte présence d'Axel Springer et du groupe suisse Ringier. Le leader du marché en terme de quotidiens d'information, Népszabadsag - part d'audience de 3 %, diffusion de 103 669 exemplaires (Matesz, 4e trimestre 2008) - fait exception ; ainsi que le second, Magyar Nemzet - part d'audience de 2%, diffusion de 93 000 exemplaires. Mais s'ils appartiennent aujourd'hui à de riches Hongrois (leurs rédacteurs en chef), ils sont tous deux d'anciens organes officiels, le premier étant l'ancien quotidien du parti ; et le second étant avant 1989 le journal des « non-communistes », approuvé par le régime. De manière générale, tous les quotidiens nationaux restent fortement partisans, tendance gauche libérale, à l'exception de Magyar Nemzet qui défend une position plus conservatrice. Du coup, la presse quotidienne décline et laisse la part belle aux tabloïds type Blikk, quotidien le plus lu - part d'audience de 6 %, tirage de 235 400 exemplaires - appartenant à Ringier, ou au gratuit Métro, qui, installé à Budapest, diffuse à 325 000 exemplaires.
Moins liés à l'ancien régime, les hebdomadaires, eux, percent peu à peu. Citons pêle-mêle HVG (Weekly World Economics), 168 Ora, Elet es Irodalom (Vie et Littérature), Figyeloe (Observateur) ou encore Magyar Narancs (hongrois orange). Le premier de cette liste, en plein essor, affiche aujourd'hui une diffusion de 140 000 exemplaires et une part d'audience de 3 %.
2 - La télévision
C'est LE média plébiscité par les Hongrois : quand ils recherchent une information, 78 % se tournent vers le petit écran. Pourtant, la télévision hongroise, elle aussi, est en partie issue de l'ancien régime communiste. Fondée en 1953 sous le nom de MTV1, elle commence à émettre régulièrement en 1957, à raison de 85 heures hebdomadaires. En 1969, une seconde chaîne, MTV2, est créée.
A la chute du mur, un moratoire interdit aux capitaux privés d'investir dans la télévision. Seule une chaîne privée, Nap TV, obtient le droit de diffuser ses programmes en 1989 ; et encore, seulement entre 7 et 9h00 sur le canal public MTV1. En 1991 et 1992, les américaines HBO et Time Warner obtiennent quant à eux le droit d'établir une douzaine de petits réseaux sur les villes les plus importantes du pays, en câblé.
Ca n'est qu'en 1995, avec une loi sur l'audiovisuel et la création d'une autorité de régulation, l'ORTT, que les choses se débloquent. MTV1 et MTV2, les deux chaînes publiques, sont restées, mais MTV2 a été transférée sur le réseau satellite. Nap TV a obtenu un canal et est devenue TV3. Deux privées hertziennes sont apparues : TV2, qui a pris le canal de MTV2, et RTL Klub. Et parallèlement, le câble et le satellite ont petit à petit vu apparaître Eurosport, Music TV, SAT. 1, RTL, Pro 7, Duna TV, ATV, Z+, Spectrum TV, Sziz TV, Msat ou encore HBO.
Depuis, les trois chaînes hertziennes dominent le paysage en termes d'audience : RTL Klub, première, attire régulièrement 64 % de la population. Suit TV2, avec 59 % de téléspectateurs réguliers, puis MTV1, avec 35 %. Le reste de l'audience est éclaté sur le câble et le satellite, avec notamment 1 million de foyers abonnés au câble.
En télé, les Hongrois plébiscitent le journal (54 %), la météo (45 %), les variétés (34 %), puis les programmes d'humour (32 %), l'économie et la politique (29 %) et les jeux (28 %). Ils passent plus de 33 heures hebdomadaires devant leur poste.
3 - La radio
La radio hongroise a le même historique que la télévision : d'abord tenue par le régime communiste, elle a été libéralisée à partir de 1995. Aujourd'hui, trois grandes chaînes nationales publiques côtoient deux stations nationales privées et une multitude de radios commerciales locales.
Les trois chaînes nationales sont MR1-Kossuth Radio, MR2-Petofi Radio et MR3-Bartok Radio. La première est une généraliste politique et culturelle, elle rassemble 13 % des auditeurs. MR2 est devenue depuis peu une musicale pop et réalise son audience auprès des jeunes. MR3, musicale également mais sur le créneau classique/contemporain, draine de son côté le public plus âgé.
Les deux stations nationales privées sont Slager Radio, association d'un groupe américain et d'un groupe suisse ; et Danubius, propriété d'Advent International. La première rassemble 19 % des auditeurs ; la seconde, 16 %.
4 - Internet
Si la Hongrie affiche un retard certain en matière de web - c'est le 29ème pays des 37 européens en matière d'utilisation d'Internet - elle le rattrape. 50 % de la population environ utilise Internet, et les trois-quarts des ménages connectés disposent d'un accès haut débit. Les usages les plus fréquents sont l'envoi et la réception d'e-mail (84 %), la recherche d'informations (70-80 %), les divertissements et jeux (65 %) et la participation à des forums (50 %).
En matière de médias en ligne, 6 % des Hongrois les utilisent pour suivre l'actualité. La plupart des médias off-line hongrois ont créé des versions en lignes, mais celles-ci ne sont pas encore réellement différentes des versions papier. Les principaux portails hongrois sont origo.hu, stop.hu et index.hu.
Turquie
Portrait : (source : CIA World Factbook)
- Capitale : Ankara
- Habitants : 76 805 524 hab.
- Monnaie : livre turque (0,47 euros)
- Superficie : 783 562 km²
Structure de la population :
- Hommes : 50,50 %
- Femmes : 49,50 %
Structure par âge :
- - 15 ans : 27,2 %
- 15-64 ans : 66,7 %
- + 65 ans : 6,1 %
Structure par emploi :
- Agriculture : 8,8 %
- Industrie : 27,5 %
- Services : 63,8 %
- Actifs : 31,3 %
- Chômage : 11 %
Lignes de téléphone : 82,181 millions
Téléphones portables : 63,594 millions
Postes de télévision : 75,038 millions
Ordinateurs : 9,984 millions
Utilisateurs d'Internet : 24,483 millions
Les médias en Turquie
1 - La presse
On estime actuellement à 2124 le nombre de journaux en Turquie. 40 d'entre eux sont des titres nationaux, 23 sont régionaux et quelques 2000 autres sont de petites éditions locales. Leurs propriétaires sont les grands acteurs médias du pays, qui apparaissent aussi bien en presse qu'en télévision, en radio ou sur le net : Dogan Group, Merkez Groupe, Cukurova Group, Ihlas Groupe, Dogus Group et Feza Group.
Les principaux quotidiens nationaux, tous marqués par une tendance nationaliste, sont : Posta (644 413 exemplaires), Hürriyet (Dogan Group, 850 000 exemplaires), Zaman (Feza Group, 509 667 exemplaires), Sabah (Medi Grup, 445 679 exemplaires), Milliyet (Dogan Group, 263 538 exemplaires). A noter également trois quotidiens de langue anglaise : Turkish Daily News (Dogan Group), The New Anatolian (Dogan Group) et Todays Zaman (Feza Group).
L'intérêt des Turcs pour la presse magazine est plutôt faible : seuls les hebdomadaires légers et à sensation semblent tirer véritablement leur épingle du jeu.
2 - La télévision
La société de radiodiffusion Turque (TRT), créée par l'Etat en 1964, a, dans un premier temps, disposé du monopole de la télévision pendant quelques vingt années. La première chaîne privée est arrivée en 1990 par le biais des satellites allemands, mais elle était de fait, illégale. Le monopole d'Etat n'a finalement été levé qu'en 1993 afin de clarifier la situation.
Aujourd'hui, on compte 24 chaînes nationales, 16 régionales et 215 chaînes locales en Turquie. Côté
public, TRT dispose de quatre chaînes nationales : TRT 1, généraliste ; TRT 2, culturelle ; TRT 3 pour le sport, les jeunes, la musique et les séances de l'Assemblée Nationale ; et TRT 4, éducative. A ces quatre grandes il faut ajouter TRT-GAP qui émet dans le sud-est du pays ; ainsi que deux chaînes internationales : TRT-INT pour l'Europe, les USA et l'Australie ; et TRT AVRASYA pour l'Asie Centrale et le Caucase.
Côté privé, les groupes cités précédemment dominent : Dogan Group possède Kanal D, Star TV et CNN-Turk ; Merkez Group diffuse VTT ; Cukurova Group possède deux réseaux satellites, la carte TV et Sky-Turk ; Dogus Group diffuse NTV et Feza Group détient Samanyolu TV. Enfin, Rupert Murdoch détient 51 % du réseau TGRT Ihlas Group.
A noter que les Kurdes ont créé leur propre réseau de télévision par satellite, Med-TV, qui toucherait 10 millions de foyers kurdes. Le gouvernement a bien tenté de s'y opposer, mais les émissions sont produites en Belgique et diffusées par Eutelsat, ce qui limite son action.
Les Turcs passent énormément de temps devant la télévision : 5,09 heures quotidiennes en semaines et 5,15 heures quotidiennes le week-end selon RTUK, le Médiamétrie local !
3 - La radio
Le paysage radiophonique est extrêmement éclaté en Turquie : 1 100 chaînes en hertzien et 100 chaînes par satellite. Dans le détail, on dénombre 36 radios nationales, 102 régionales et 950 locales. Un grand nombre de stations appartiennent aux grands groupes multimédias, particulièrement les nationales et régionales ; les locales étant souvent de petites stations indépendantes.
4 - Internet
Internet semble pénétrer peu à peu les foyers turcs : de 16 millions d'utilisateurs en 2004 on est passé à plus de 24 millions aujourd'hui selon le CIA World Factbook. Le nombre d'abonnés ADSL était de 3 millions en mars 2007.
L'ensemble des journaux, chaînes de télévision et radios possèdent leurs versions en ligne, mises à jour quotidiennement.
Nicolas
Priou
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