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DOSSIER : International |
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Les
évolutions du métier de représentant presse à
l'international
Si la crise publicitaire a frappé les marchés nationaux en 2001, elle n'a pas épargné le marché international qui connaît lui aussi un ralentissement depuis septembre dernier. "Nous avons perdu en publicité institutionnelle : les campagnes corporate ont eu tendance à se suspendre, surtout après le 11 septembre. Le secteur presse économique a également baissé", déclare Yves Swartenbroekx, directeur du bureau de Gruner & Jahr en France. Même son de clairon chez Pierre-André Obé, son homologue chez Frankfurter Allegemeine Zeitung : "Les ordres annulés depuis le 11 septembre représentent 350 M€ sur les 500 M€ de volume prévus pour le dernier trimestre 2001. La baisse des télécoms compte pour beaucoup. Nous avons eu du client en nombre, mais pas en poids : de gros annonceurs comme WorldCom sont partis, d'autres comme Accor et BNP ont réduit la voilure." Quand le marché va mal, les budgets consacrés à l'international, "la crème des budgets" selon les mots de Frédéric Lahalle, directeur d'Affinity Media, sont les premiers à diminuer : faire des économies devient alors plus important que d'entretenir l'image de sa marque dans le monde.
Une activité de lobbying... Ceci dit, le paysage des représentants à l'international en France ne s'en trouve pas bouleversé, et la mutation du métier engagée depuis une dizaine d'année se poursuit : il s'agit moins aujourd'hui de vendre concrètement de la publicité que d'exercer une sorte de lobbying en jouant l'intermédiaire entre un éditeur étranger représenté et les professionnels de la communication en France. Trois raisons à cette évolution : une meilleure circulation de l'information, une meilleure organisation des services internationaux des agences de media planning, et une délocalisation de plus en plus grande de l'achat d'espace. "Aujourd'hui, les agences connaissent les différents marchés nationaux grâce aux progrès de l'information. La régie internationale doit donc se concentrer à délivrer une information en continu plutôt qu'à faire des présentations générales d'un marché. Elle doit éliminer les frontières, comme cela se fait en Europe, et donner un jugement à froid sur les marchés, apporter aux clients comme aux éditeurs un recul qu'ils n'ont pas forcément", explique Frédéric Lahalle. "Actuellement, il y a selon moi trois façons d'acheter à l'international. Soit l'annonceur et son agence sont à Paris et achètent l'espace aux représentants en France ; soit ils sont à Paris et achètent l'espace dans le pays où ils veulent diffuser la publicité ; soit, enfin, l'annonceur est étranger, son agence est à Paris, mais l'achat se fait à l'étranger. Notre but est donc d'informer le mieux possible celui qui est à Paris, en entretenant une étroite collaboration avec les éditeurs que nous représentons, et en ayant un service marketing réactif", analyse Gilles Vaillon, directeur de Publicitas France. Cette information en continu qui est devenue la clé du métier de représentant n'est plus l'apanage des seuls annonceurs et agences : "nous devons toucher tous ceux qui ont, ou peuvent avoir, une part dans un plan média : les directeurs de marketing international, les directeurs de zones, les directeurs commerciaux Le but étant d'influer sur ces différentes personnes. L'important est la notion de service, pas celle d'acte d'achat", précise Fabrice Vincent, directeur d'AGPP. ...basée sur la notion de service "Services",
le mot est lâché : le grand travail des régies de
représentation à l'international, c'est d'améliorer
toujours la qualité des services rendus aux éditeurs comme
aux clients, et d'essayer d'innover dans ce domaine. Si toutes les régies
ont en commun un minimum de prestations (communication des études
de diffusion, d'audience, de marchés réalisées
par les éditeurs représentés ; présentation
des médias d'un pays ; pige rédactionnelle et publicitaire
; réalisation de tests de plan, de ranking
), certaines
ont développé (ou récupéré chez les
éditeurs) des outils "exclusifs". Chez AGPP, qui représente
principalement des titres de l'allemand Burda et du suisse Ringier,
les annonceurs peuvent bénéficier des "copy-tests",
études d'impact réalisées par les éditeurs
pour les annonceurs locaux. Le bureau français de Gruner &
Jahr profite également du département marketing de sa
maison mère avec, par exemple, l'équivalent du Popsi Presse
TV d'Emap en France, étude qui permet de calculer les bénéfices
d'une campagne menée conjointement dans la presse TV et à
la télévision. Chez Publicitas, filiale d'un groupe Suisse,
une base de données est disponible qui rassemble tarifs et études
lectorat de la presse européenne et mondiale : DB Media. Pour
Affinity Media,
Frédéric Lahalle a lancé une newsletter bimensuelle
d'information sur les titres et les groupes qu'il représente.
Et il s'est engagé dans le réseau Connect Alliance, un
nouveau partenariat créé par des régies de presse
internationales (Affinity
Media à Paris, K. Media à Milan, Mercury Publicity
à Francfort et Oliver Smith & Partners (OSP) à Londres),
pour offrir aux éditeurs une coordination des efforts commerciaux
de leurs représentants. Ces derniers veulent ainsi offrir les
meilleures solutions possibles à leurs clients et agences sur
leurs différents marchés et échanger des informations
sur les pratiques commerciales, la formation des équipes, le
"new business" et d'autres sujets. Enfin, chez Axel Springer
Media, Jean-Robert Mamin mise sur la proactivité : la régie
propose aux annonceurs de participer à des suppléments
thématiques (luxe, art de vivre, ski,
), et profite ensuite
de la présence d'une rédaction sur Paris pour faire un
véritable travail d'édition et diffuser ces suppléments
à travers les supports Axel Springer Media. Ces deux dernières
particularités préfigurent sans doute l'avenir de la représentation
: plus de liens entre les différentes régies, et une collaboration
plus étroite, à travers les représentants, entre
les annonceurs et les éditeurs. Nicolas
Priou
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